Oui, l’humidité d’un logement peut nuire à la santé. Les moisissures qu’elle fait pousser augmentent le risque d’asthme, en particulier chez l’enfant, et d’infections respiratoires. En France, l’humidité et les moisissures sont la deuxième source de maladies évitables liées à l’air intérieur, juste après les particules fines, selon l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI) en septembre 2026.
D’après cette estimation, réalisée par l’Anses avec Santé publique France, supprimer l’humidité et les moisissures visibles dans les logements éviterait chaque année en France environ 28 400 nouveaux cas d’asthme chez l’enfant, 11 400 chez l’adulte et 8 100 infections respiratoires chez l’enfant. Ces chiffres sont issus d’une modélisation : ils mesurent un bénéfice possible pour l’ensemble de la population et ne désignent aucune personne en particulier.
Les chiffres clés • 2e rang : selon l’OQEI (septembre 2026), l’humidité et les moisissures sont la deuxième source de maladies évitables liées à l’air intérieur des logements en France, après les particules fines. • 38 % des logements présentent des signes d’humidité ou des moisissures visibles, et 24 % des moisissures visibles (OQEI, mesures 2020-2023). • 14 % des nouveaux cas d’asthme de l’enfant et 12 % de ceux de l’adulte seraient liés à l’humidité ou aux moisissures du logement, selon le modèle de l’OQEI. • 28 400 nouveaux cas d’asthme de l’enfant pourraient être évités chaque année en France en supprimant l’humidité et les moisissures visibles (OQEI, 2026). • 87 % des logements gardent les fenêtres rarement ou jamais ouvertes la nuit en période de chauffe (OQEI, juin 2026). |
Dans cet article :
- L’humidité dans une maison est-elle dangereuse pour la santé ?
- Quelles maladies peut provoquer l’humidité dans une maison ?
- Pourquoi les moisissures rendent-elles malade ?
- Qui est le plus sensible à l’humidité et aux moisissures ?
- Humidité ou particules fines : quelle pollution de l’air intérieur est la plus dangereuse ?
- Combien de logements sont touchés par l’humidité en France ?
- Comment savoir s’il y a de l’humidité chez soi ?
- Comment réduire l’humidité dans une maison ?
- Comment nettoyer la moisissure sans danger pour la santé ?
- Peut-on savoir si sa maladie vient de son logement ?
- Quand consulter un médecin ou un professionnel ?
L’humidité dans une maison est-elle dangereuse pour la santé ?
Oui, pour la santé respiratoire. L’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, a conclu en 2016 que l’exposition aux moisissures dans les bâtiments a des effets avérés sur la respiration : apparition et aggravation de l’asthme, et rhinite allergique.
Dans son expertise de 2016, l’Anses a retenu trois effets avérés :
- le développement et l’aggravation de l’asthme chez l’enfant ;
- le développement et l’aggravation de l’asthme chez l’adulte exposé sur son lieu de travail ;
- la rhinite allergique.
Ces conclusions reposent sur une revue de la littérature scientifique, des consultations d’organismes français et internationaux et des auditions d’acteurs de terrain. D’autres troubles sont parfois attribués à l’humidité, mais ils ne font pas partie des effets jugés avérés par l’Anses. L’estimation de l’OQEI publiée en 2026 confirme ce constat et mesure pour la première fois son poids à l’échelle de la France.
Quelles maladies peut provoquer l’humidité dans une maison ?
L’humidité et les moisissures favorisent surtout des maladies respiratoires : l’asthme chez l’enfant et chez l’adulte, les infections des voies respiratoires inférieures et les sifflements respiratoires chez l’enfant. Ce sont les effets que l’OQEI a pu chiffrer pour la France en 2026.
Maladie ou symptôme | Cas évitables par an en France | Part liée à l’humidité ou aux moisissures |
Asthme de l’enfant (nouveaux cas) | 28 400 | 14 % |
Asthme de l’adulte (nouveaux cas) | 11 400 | 12 % |
Infections des voies respiratoires inférieures de l’enfant (nouveaux cas) | 8 100 | 14 % |
Sifflements respiratoires de l’enfant (moisissures visibles) | 41 700 | 9 % |
Asthme déjà diagnostiqué chez l’enfant (moisissures visibles) | 26 900 | 5 % |
Source : OQEI, rapport de mars 2026 mis en ligne le 29 septembre 2026, valeurs médianes, France continentale. Les trois premières lignes portent sur l’apparition de nouveaux cas en présence d’humidité ou de moisissures visibles ; les deux dernières sur des enfants déjà touchés, en présence de moisissures visibles. Les lignes ne s’additionnent pas.
Ces chiffres comportent une marge d’incertitude. Pour l’asthme de l’enfant, la moitié des simulations du modèle se situent entre 24 100 et 32 400 cas évitables ; pour l’asthme de l’adulte, entre 9 000 et 13 800.
Une partie des progrès est déjà acquise : selon le même rapport, la baisse des signes d’humidité dans les logements depuis le début des années 2000 aurait permis d’éviter environ 6 500 nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et 2 500 chez l’adulte pour une année donnée.
Pour approfondir : l’humidité et les enfants asthmatiques, et, chez l’adulte, l’étude française présentée en février 2026 au Congrès de pneumologie de langue française, dans notre article sur les moisissures et l’asthme de l’adulte.
Pourquoi les moisissures rendent-elles malade ?
Parce qu’elles libèrent dans l’air des particules que nous respirons. Les moisissures, des champignons microscopiques qui se développent grâce à l’humidité, émettent des spores et des substances chimiques appelées mycotoxines, qui restent en suspension dans l’air intérieur.
D’après l’expertise de l’Anses, les taches visibles sur les murs ou les plafonds correspondent à un stade avancé du développement des moisissures. Pour pousser, celles-ci ont besoin d’humidité dans les éléments du bâti : cloisons, isolants, faux plafonds.
Selon l’Anses, cette humidité peut avoir plusieurs origines techniques :
- une ventilation, une isolation ou un chauffage insuffisants ;
- des ponts thermiques : zones plus froides de l’enveloppe du bâtiment, où l’humidité de l’air se condense ;
- des remontées capillaires : humidité du sol qui monte dans les murs.
L’humidité a aussi d’autres effets sur l’air que nous respirons, détaillés dans notre article sur l’impact de l’humidité sur la qualité de l’air intérieur. Avant des travaux, lisez également pourquoi traiter un mur humide avant de l’isoler.
Qui est le plus sensible à l’humidité et aux moisissures ?
Les jeunes enfants, les personnes asthmatiques ou allergiques, les personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies respiratoires chroniques, ainsi que les foyers en précarité énergétique, selon l’Anses.
L’Anses identifie les personnes plus susceptibles de développer des troubles lorsqu’elles sont exposées aux moisissures :
- les enfants, dès la naissance ;
- les enfants et adultes asthmatiques ;
- les personnes allergiques ou prédisposées aux allergies ;
- les personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies respiratoires chroniques.
L’agence signale aussi un risque de surexposition dans les foyers en situation de précarité énergétique ou de suroccupation du logement. Le rapport de l’OQEI fait le même constat : humidité et moisissures sont étroitement liées à la précarité énergétique.
Pour aller plus loin : les risques des moisissures pour les personnes immunodéprimées.
Humidité ou particules fines : quelle pollution de l’air intérieur est la plus dangereuse ?
Les particules fines arrivent en tête, et l’humidité avec les moisissures en deuxième position. C’est le classement établi par l’OQEI en septembre 2026, parmi dix polluants et sources de pollution de l’air intérieur des logements français. Pour l’asthme de l’enfant, les deux pèsent autant.
L’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI) a mis en ligne cette étude le 29 septembre 2026. Elle a été réalisée par l’Anses, avec la contribution scientifique de Santé publique France. Le rapport est daté de mars 2026 et a été validé par le conseil scientifique de l’OQEI le 13 mars 2026.
Les dix polluants et sources comparés sont : le benzène, le formaldéhyde, le dioxyde d’azote, les particules fines, le radon, le toluène, le monoxyde de carbone, le tabagisme passif, la présence d’humidité ou de moisissures, et l’utilisation du gaz pour la cuisson.
Pour l’asthme de l’enfant, l’OQEI compare trois leviers d’action :
Levier d’action étudié | Nouveaux cas d’asthme de l’enfant évitables par an |
Respecter la valeur guide de l’air intérieur pour les particules fines | environ 24 000 |
Supprimer l’humidité et les moisissures visibles dans les logements | environ 28 400 |
Supprimer l’exposition des enfants au tabagisme passif au domicile | environ 9 600 |
Source : OQEI, septembre 2026, données de la Campagne nationale Logements 2 (2020-2023), France continentale. Chaque estimation est calculée séparément : les chiffres ne s’additionnent pas.
Tous effets confondus, les particules fines restent la première source de maladies évitables : pour elles, le rapport chiffre aussi des maladies cardiovasculaires et métaboliques, comme l’hypertension artérielle, l’infarctus, l’AVC ou le diabète. L’estimation concernant l’humidité est en revanche plus resserrée : dans 90 % des simulations, elle se situe entre 18 200 et 37 400 cas d’asthme de l’enfant, alors que la fourchette des particules fines est beaucoup plus large. Le classement entre les deux est donc à lire avec prudence.
Combien de logements sont touchés par l’humidité en France ?
Plus d’un logement sur trois. Selon la Campagne nationale Logements 2 (2020-2023), 38 % des résidences principales en France présentent des signes d’humidité ou des moisissures visibles dans au moins une pièce, et 24 % des moisissures visibles.
Les auteurs observent deux évolutions opposées depuis la première campagne nationale, menée en 2003-2005 :
- la part de logements présentant des signes d’humidité ou des moisissures a baissé d’environ 8 points ;
- la part de logements avec des moisissures visibles a augmenté, ce que les auteurs interprètent comme une dégradation de l’état des logements.
En 2016, l’Anses estimait qu’entre 14 et 20 % des logements présentaient des moisissures visibles. Les mesures plus récentes situent cette part autour de 24 %.
Comment savoir s’il y a de l’humidité chez soi ?
Les signes les plus courants sont des taches vertes ou noirâtres sur les murs, les sols ou les plafonds, et une odeur de moisi. Selon les agences régionales de santé (ARS), ces signes suffisent généralement : une analyse de l’air n’est pas nécessaire, mieux vaut inspecter le logement pour trouver la cause.
Les ARS Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine citent les principales causes d’humidité excessive dans un logement :
- les dégâts des eaux, les fuites de plomberie et les infiltrations par le toit, les fenêtres ou les portes ;
- les remontées d’humidité par le sol ;
- les ponts thermiques, où l’air humide se condense sur les surfaces froides ;
- une ventilation absente ou insuffisante, surtout lors des activités qui produisent beaucoup de vapeur : cuisine, séchage du linge à l’intérieur, douche ou bain ;
- une isolation insuffisante, ou trop importante si elle piège l’humidité dans les murs ;
- une mauvaise évacuation de l’eau à l’extérieur : gouttières bouchées ou cassées, drains endommagés, pente du terrain incorrecte.
Notre guide détaille, pièce par pièce, comment repérer les signes d’un problème d’humidité.
Comment réduire l’humidité dans une maison ?
Aérez chaque jour, même en hiver, laissez la ventilation fonctionner et limitez la vapeur d’eau dans les pièces humides. Ce sont les trois gestes recommandés par l’OQEI et les agences régionales de santé.
Aérer au moins 10 minutes par jour, même en hiver
L’OQEI recommande d’aérer 10 à 15 minutes par jour, même en hiver, et systématiquement pendant le ménage ou le bricolage. Les ARS conseillent d’ouvrir en grand les fenêtres de chaque pièce au moins 10 minutes par jour, en toute saison, et si possible plusieurs fois dans la journée.
Ce geste compte particulièrement en période de chauffe : à ce moment de l’année, les fenêtres restent rarement ou jamais ouvertes la nuit dans 87 % des logements, selon l’OQEI.
Ne pas boucher la ventilation
L’OQEI conseille de ne pas boucher les entrées et sorties d’air, de ne pas couper la ventilation et d’entretenir régulièrement les bouches. C’est important, car la ventilation des logements français fonctionne souvent moins bien qu’attendu, selon les résultats publiés par l’OQEI le 30 juin 2026 :
- près d’un logement sur deux est équipé d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) ;
- parmi eux, moins de 4 sur 10 extraient un débit d’air conforme à la valeur retenue par l’étude ;
- 15 % des logements n’ont aucun système de ventilation spécifique ;
- selon les pièces, 15 à 17 % des mesures indiquent un débit nul.
En pratique : nos 6 conseils pour bien ventiler votre logement et notre tuto pour nettoyer la grille de votre VMC.
Limiter la vapeur d’eau pièce par pièce
Les ARS Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine recommandent notamment :
- Salle de bains : faire fonctionner l’extracteur d’air pendant la douche et quelques minutes après, ou ouvrir la fenêtre dès la fin de la douche ; limiter la durée des douches ; essuyer les parois ; étendre le rideau de douche pour qu’il sèche.
- Cuisine : faire fonctionner la hotte à chaque cuisson ; vérifier régulièrement l’absence de fuites sous l’évier.
- Linge : raccorder si possible le sèche-linge à un conduit qui évacue l’air vers l’extérieur ; étendre le linge dans une pièce bien aérée ; ne pas laisser de linge humide dans la machine.
- Pièces de vie : chauffer le logement pour limiter les zones froides, où se forme la condensation ; éloigner les meubles des murs donnant sur l’extérieur, ou laisser environ 3 cm d’espace. Voir aussi le lien entre humidité et chauffage.
- Dégâts des eaux : nettoyer immédiatement tout déversement ; l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise un délai de 48 heures au plus.
- Extérieur : vérifier régulièrement le toit, les murs et les gouttières pour repérer les infiltrations.
Comment nettoyer la moisissure sans danger pour la santé ?
Protégez-vous, aérez la pièce et nettoyez avec un détergent à base de savon, puis cherchez la cause de l’humidité : si la tache revient, l’humidité est toujours là. Si un occupant est asthmatique, évitez l’eau de Javel.
Les ARS recommandent un nettoyage en plusieurs étapes :
- Dégager la zone ou recouvrir les meubles de plastique.
- Se protéger (gants ménagers, si possible lunettes et masque), rester seul dans la pièce et garder les fenêtres grandes ouvertes.
- Nettoyer avec un détergent à base de savon, de la zone la plus propre vers la plus sale.
- Rincer à l’eau, sécher, puis jeter les éléments utilisés dans un sac poubelle.
Attention si une personne asthmatique vit dans le logement L’ARS Nouvelle-Aquitaine recommande d’éviter l’eau de Javel si un occupant est asthmatique : elle pourrait aggraver ses symptômes. Plus généralement, la désinfection est rarement nécessaire. Si elle est pratiquée, l’eau de Javel doit être diluée dans de l’eau froide et jamais mélangée à un autre produit. En cas de gêne respiratoire pendant le nettoyage, il faut l’arrêter immédiatement. |
Si la surface touchée est importante, ou si les moisissures proviennent d’eaux usées, les ARS recommandent de faire appel à un professionnel. Pour un pas-à-pas détaillé, consultez notre tuto pour nettoyer la moisissure.
Peut-on savoir si sa maladie vient de son logement ?
Non, pas à partir de ces chiffres. Les estimations de l’OQEI portent sur l’ensemble de la population : elles indiquent combien de cas pourraient être évités, mais ne permettent pas de dire si la maladie d’une personne donnée vient de son logement. Seul un professionnel de santé peut évaluer une situation individuelle.
Définition : cas évitable Un cas évitable est un cas de maladie qui, selon un modèle statistique, ne serait pas survenu si une exposition avait été supprimée. L’OQEI précise qu’une exposition « attribuable » contribue à la survenue d’une maladie, sans en être nécessairement la seule cause. |
Les chiffres de l’OQEI résultent d’une évaluation d’impact sanitaire, un calcul qui combine trois éléments :
- La part de la population exposée : 38 % des logements présentent des moisissures visibles ou des signes d’humidité, d’après la Campagne nationale Logements 2, menée dans 571 logements entre 2020 et 2023 et redressée pour représenter les résidences principales de France continentale.
- L’augmentation du risque liée à l’exposition, tirée d’études déjà publiées. Pour l’apparition de l’asthme chez l’enfant de moins de 14 ans, le rapport utilise une méta-analyse de 2012 qui regroupe des études de suivi : le risque y est augmenté d’environ 50 % en présence d’humidité ou de moisissures (mesure statistique appelée « odds ratio », égale à 1,50).
- Le nombre de cas observés en France, issu notamment de bases médico-administratives (délivrance de médicaments contre l’asthme).
Une analogie pour comprendre. Si l’on sait que le verglas augmente le risque d’accident, et quelle part des routes est verglacée, on peut estimer combien d’accidents un salage complet éviterait. On ne peut pas pour autant dire quel accident précis est dû au verglas.
Les auteurs signalent d’autres limites :
- Ce sont des ordres de grandeur. Ils demandent de ne pas résumer leurs résultats à un « chiffre unique ».
- L’exposition est mesurée simplement. Les études repèrent la présence de signes d’humidité ou de moisissures visibles, jamais leur quantité. On ne sait donc pas à partir de quelle surface le risque augmente, ni ce qu’il en est des moisissures cachées. Sur ce point, lisez notre interview de Stéphane Moularat, expert des moisissures au CSTB.
- Les risques viennent d’études internationales, avec des incertitudes liées à leur transposition à la France et à l’approche « un polluant, un effet ».
- Seuls certains effets ont pu être chiffrés, et la mortalité n’est pas prise en compte.
Ces limites ne remettent pas en cause le message central : les effets des moisissures sur la santé respiratoire sont reconnus par l’Anses depuis 2016.
Quand consulter un médecin ou un professionnel ?
Consultez un médecin en cas de toux qui dure, de sifflements, d’essoufflement ou de réveils nocturnes liés à la respiration, et un professionnel du bâtiment si les moisissures reviennent après nettoyage ou couvrent une grande surface.
- Un professionnel de santé : signalez-lui la présence d’humidité ou de moisissures au domicile, c’est une information utile. En cas de maladie respiratoire, un médecin peut demander l’intervention d’un conseiller en environnement intérieur (CEI) au domicile, selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
- Un professionnel du bâtiment : si les moisissures reviennent, couvrent une surface importante ou s’accompagnent de murs humides au toucher, de traces en bas de mur, d’infiltrations ou d’une condensation persistante. L’objectif est d’identifier l’origine de l’humidité.
- Votre propriétaire ou bailleur, si vous êtes locataire : signalez le problème par écrit. Lire aussi : ce que font les bailleurs et les professionnels face à l’humidité.
À retenir • Selon l’OQEI (septembre 2026), l’humidité et les moisissures sont la deuxième source de maladies évitables liées à l’air intérieur des logements en France, après les particules fines. • Leurs effets chiffrés sont respiratoires : supprimer l’humidité et les moisissures visibles éviterait environ 28 400 nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et 11 400 chez l’adulte chaque année. Ces chiffres issus d’une modélisation mesurent un bénéfice pour la population. • 38 % des logements présentent des signes d’humidité ou des moisissures visibles, et la part des moisissures visibles a augmenté depuis 2003-2005. • L’Anses reconnaît depuis 2016 des effets avérés des moisissures sur la santé respiratoire, en particulier l’asthme de l’enfant. • Aérer chaque jour, même en hiver, et laisser la ventilation fonctionner sont les premiers gestes recommandés. |
Questions fréquentes sur l’humidité et la santé
Une petite tache de moisissure est-elle dangereuse ?
La recherche ne permet pas de répondre précisément : les études comparent les logements avec et sans signes d’humidité ou de moisissures visibles, sans tenir compte de leur taille. Une petite tache signale en revanche de l’humidité dans le logement, et c’est cette humidité qu’il faut comprendre et réduire.
Faut-il aérer en hiver quand il y a de l’humidité ?
Oui. L’OQEI recommande 10 à 15 minutes d’aération par jour, même pendant la saison froide. Les ARS conseillent au moins 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes, en toute saison, et de chauffer le logement pour limiter les zones froides où se forme la condensation.
Une VMC suffit-elle à éviter l’humidité ?
Pas forcément. Selon l’OQEI, moins de 4 VMC sur 10 extraient un débit d’air conforme. Vérifiez que les bouches ne sont ni encrassées ni obstruées, et que les entrées d’air des fenêtres restent dégagées.
Faut-il faire analyser l’air pour détecter des moisissures ?
Généralement non. Selon les ARS, lorsque des moisissures sont visibles ou qu’une odeur de moisi est présente, il est plus utile d’inspecter le logement pour trouver la cause de l’humidité et la corriger.
Pour aller plus loin. L’estimation de l’OQEI place l’humidité au cœur des enjeux de qualité de l’air intérieur : un logement sec est un logement plus sain pour tous ses occupants. Pour approfondir, consultez les rapports de l’OQEI et de l’Anses cités ci-dessous, ainsi que nos articles pour bien ventiler son logement ou comprendre le rôle de l’humidité dans la prolifération des acariens.
Sources
- Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI). Pollution de l’air intérieur : impacts sanitaires et économiques. Page mise en ligne le 29 septembre 2026. https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/cnl2-pollution-air-interieur-impacts-sanitaires-et-economiques
- Bayeux T., Benrabah Y. C., Keirsbulck M., Sanchez M. (Anses), avec les contributions scientifiques de Santé publique France. Campagne nationale Logements 2. Impact sanitaire et économique de la pollution de l’air intérieur dans les logements en France : morbidité attribuable et coûts économiques associés. OQEI, mars 2026. https://www.oqei.fr/sites/default/files/2026-09/oqei_2026_impactsanitaireeconomiquepai.pdf
- Impact sanitaire et économique de la pollution de l’air intérieur dans les logements en France : synthèse. 2026. https://www.oqei.fr/sites/default/files/2026-09/oqei_2026_synthese_impactsanitaireecopai.pdf
- Renforcer la prévention contre le développement des moisissures dans les bâtiments et leurs conséquences sur la santé des populations. 1er août 2016 (avis révisé en octobre 2016). https://www.anses.fr/fr/content/renforcer-la-prevention-contre-le-developpement-des-moisissures-dans-les-batiments-et-leurs
- Ventilation et renouvellement d’air dans les logements en France (Campagne nationale Logements 2). 30 juin 2026. https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/cnl2-ventilation
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Moisissures dans le logement : comment agir ? 6 août 2026. https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/moisissures-dans-le-logement-comment-agir
- ARS Nouvelle-Aquitaine. Moisissures dans le logement : comment agir ? 25 mars 2026. https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/moisissures-dans-le-logement-comment-agir-0
- Quansah R., Jaakkola M. S., Hugg T. T., Heikkinen S. A. M., Jaakkola J. J. K. Residential dampness and molds and the risk of developing asthma: a systematic review and meta-analysis. PLoS ONE, 2012. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3492391/