Moisissures et asthme adulte : une nouvelle étude alerte
sur un risque longtemps sous-estimé
Présentée lors du Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF) en février 2026, une nouvelle étude française vient bousculer les certitudes sur l’impact des moisissures domestiques. Pour la première fois, des chercheurs démontrent de manière claire que même une présence minime de moisissures dans un logement augmente la sévérité de l’asthme chez l’adulte et accroît le risque d’en développer un.
Un résultat qui fait date, tant les preuves manquaient encore dans cette population.
Un lien désormais établi chez l’adulte
Depuis une dizaine d’années, les études sur l’enfant convergent : l’exposition aux moisissures augmente le risque d’asthme et aggrave les symptômes respiratoires.
Chez l’adulte, en revanche, les données restaient parcellaires, souvent limitées à des observations cliniques ou à des questionnaires déclaratifs.
L’étude présentée au CPLF 2026 change la donne.
Les chercheurs y montrent un effet dose–réponse :
– plus la surface de moisissures visibles est importante,
– plus les symptômes respiratoires sont sévères.
Cette relation graduelle renforce la crédibilité du lien causal, un critère essentiel en épidémiologie.
Pourquoi les moisissures posent problème
Les moisissures ne sont pas seulement des taches disgracieuses sur un mur.
Elles libèrent dans l’air intérieur des spores et des composés organiques volatils susceptibles d’irriter les voies respiratoires. Chez les personnes sensibles ou asthmatiques, ces particules peuvent déclencher :
– toux,
– gêne respiratoire,
– crises d’asthme,
– inflammation chronique des bronches.
L’étude du CPLF 2026 confirme que ces effets ne concernent pas uniquement les expositions massives ou les logements très dégradés : des surfaces modestes suffisent à produire un impact mesurable sur la santé.
Une méthodologie plus précise que les travaux précédents
Selon les informations disponibles, les chercheurs ont évalué l’exposition aux moisissures en tenant compte de la surface visible dans le logement, un indicateur plus objectif que les simples déclarations des occupants.
Ils ont ensuite croisé ces données avec :
– la présence ou non d’un asthme,
– la sévérité des symptômes,
– et différents facteurs de confusion (tabac, ventilation, âge, antécédents).
Ce type d’approche, plus rigoureux que les études antérieures, permet d’isoler plus finement l’effet propre des moisissures.
Un enjeu de santé publique encore sous-estimé
En France, on estime qu’un logement sur cinq présente des signes d’humidité.
Les moisissures visibles ne sont que la partie émergée du problème : elles signalent souvent un déséquilibre plus profond (ventilation insuffisante, infiltration, condensation chronique).
L’étude du CPLF 2026 rappelle que la qualité de l’air intérieur est un déterminant majeur de la santé respiratoire, au même titre que la pollution extérieure ou le tabagisme passif.
Pour les pneumologues, ces résultats pourraient conduire à :
– renforcer le dépistage des problèmes d’humidité dans les parcours de soins,
– mieux informer les patients asthmatiques,
– intégrer l’environnement intérieur dans les stratégies de prévention.
Vers une prise de conscience plus large
Cette nouvelle étude ne clôt pas le débat scientifique, mais elle marque une étape importante.
Elle confirme que l’environnement domestique joue un rôle direct dans la santé respiratoire des adultes, un aspect encore trop peu pris en compte dans les politiques publiques.
À l’heure où les pathologies respiratoires progressent et où les épisodes d’humidité se multiplient dans les logements anciens, ces résultats invitent à une vigilance accrue.
Habiter dans un logement sain n’est pas seulement une question de confort : c’est un enjeu de santé.