Que font les professionnels face au risque de l’humidité ?
Humidité, malfaçons, logements qui souffrent : la filière se mobilise, et c’est une excellente nouvelle pour la santé du bâti et des personnes.
Sur Maison‑Saine.fr, nous suivons de près l’actualité liée à la qualité du logement.
Et ces derniers mois, plusieurs articles de presse ont mis en lumière des situations préoccupantes : logements neufs touchés par l’humidité, maisons individuelles qui se dégradent, locataires confrontés à des moisissures persistantes.
Ces cas, loin d’être isolés, rappellent une réalité essentielle :
l’humidité structurelle n’est pas un simple désagrément. C’est un enjeu de santé, de sécurité du bâti… et de plus en plus, un enjeu juridique.
Mais ce que l’on voit aussi — et c’est important — c’est une mobilisation croissante de toute la filière du logement : bailleurs, promoteurs, collectivités, gestionnaires immobiliers. Même si la pédagogie reste importante pour accélérer cette mobilisation et embarquer certains professionnels qui n’agissent malheureusement pas assez vite par manque de connaissances du problème et de ses conséquences.
Et cela, c’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui vivent, travaillent ou investissent dans un logement.
Nous ne parlons pas ici des marchands de sommeil qui ignorent totalement ce sujet volontairement et qui entrent dans le cadre des actions en justice. Ils ne sont heureusement pas représentatifs de la profession.
Des cas concrets qui montrent l’importance du sujet
Amiens : un appartement neuf déjà envahi de moisissures
Source : Courrier Picard (mars 2026)
Dans la résidence L’Archipel, un appartement non encore livré présentait déjà :
- des murs humides,
- des traces de moisissures,
- un revêtement extérieur inachevé.
Ce type de situation illustre un phénomène réel :
Un défaut de conception ou un retard de chantier peut exposer un logement neuf à des infiltrations dès sa construction.
Et les conséquences peuvent être lourdes :
- retards de livraison,
- risques sanitaires,
- activation de la garantie décennale.
« Ma maison est en train de s’abîmer » : le témoignage d’une propriétaire
Source : Les Échos (2025)
Dans cet article, une propriétaire raconte comment des remontées capillaires ont progressivement dégradé sa maison :
« Marine doit engager d’importants travaux pour régler les problèmes d’isolation et d’humidité de sa maison. »
Ce cas montre que :
sans diagnostic, l’humidité peut devenir un gouffre financier et un casse‑tête juridique.
Pays Basque : humidité et santé dans les logements sociaux
Source : Enbata / Association Alda (2026)
L’association Alda a recueilli des témoignages de locataires confrontés à :
- des murs détrempés,
- des moisissures récurrentes,
- des problèmes respiratoires.
L’enquête ne cherche pas à désigner des coupables.
Elle met en avant la complexité du problème et la nécessité d’une action coordonnée.
Et c’est ce qui se passe :
plusieurs bailleurs sociaux ont lancé des diagnostics humidité et des plans d’action pluriannuels.
Pourquoi l’humidité devient aussi un enjeu juridique
Le cadre réglementaire évolue, et l’humidité excessive est désormais reconnue comme un facteur d’indécence du logement.
✔️ La loi Climat & Résilience renforce les obligations
Un logement trop humide peut être considéré comme indécent.
✔️ La jurisprudence évolue
Des décisions récentes reconnaissent que :
- moisissures persistantes,
- ventilation défaillante,
- humidité excessive
peuvent constituer une atteinte à la jouissance du logement.
✔️ Les promoteurs sont concernés
Un défaut d’étanchéité ou d’isolation peut engager la responsabilité décennale.
✔️ Les gestionnaires doivent agir
En cas de signalement, l’inaction peut être interprétée comme un manquement.
La bonne nouvelle : la filière du logement se mobilise
Contrairement à certaines idées reçues, de nombreux professionnels agissent déjà.
✔️ Les bailleurs sociaux
Ils déploient :
- audits QAI,
- diagnostics humidité,
- rénovations ciblées,
- actions de prévention auprès des locataires.
✔️ Les collectivités
Elles financent :
- des programmes de lutte contre l’habitat dégradé,
- des cellules d’accompagnement,
- des actions de sensibilisation.
✔️ Les promoteurs
Face aux cas médiatisés, plusieurs groupes :
- renforcent leurs contrôles qualité,
- collaborent avec des bureaux d’études spécialisés,
- améliorent la gestion de l’humidité en phase chantier.
✔️ Les gestionnaires immobiliers
Ils jouent un rôle clé dans :
- la détection des signaux faibles,
- la coordination des interventions,
- l’information des occupants.
Cette mobilisation est réelle, et elle mérite d’être saluée.
Le diagnostic : la clé pour agir efficacement
Dans tous les cas évoqués — Amiens, Pays Basque, maisons individuelles — un point commun apparaît :
sans diagnostic, on traite les symptômes, pas la cause.
Un diagnostic humidité permet d’identifier si le problème vient :
- du sol (remontées capillaires),
- des murs (infiltrations),
- de l’air intérieur (condensation),
- d’un défaut de ventilation,
- d’un pont thermique,
- ou d’une combinaison de plusieurs facteurs.
C’est la seule manière pour :
- éviter les interventions inefficaces,
- prévenir les litiges,
- protéger le patrimoine immobilier,
- garantir la santé des occupants.
Un enjeu collectif, une responsabilité partagée
Les cas récents montrent que :
- l’humidité structurelle est un sujet sérieux,
- les conséquences peuvent être juridiques,
- les professionnels du logement sont de plus en plus mobilisés,
- le diagnostic est la clé d’une action durable.
L’objectif n’est pas de pointer du doigt, mais de reconnaître que :
la qualité du bâti et la qualité de l’air intérieur sont devenues des enjeux de santé publique, de sécurité juridique et de durabilité du patrimoine.
Et la dynamique actuelle — bailleurs, promoteurs, collectivités, gestionnaires — montre que la filière avance dans la bonne direction.