Salle de bain : ce qui se passe derrière
le carrelage de la douche

En réalité, une salle de bain de six mètres carrés produit plus de vapeur d’eau au mètre carré que n’importe quelle autre pièce du logement. Pourtant, c’est aussi celle que l’on croit la mieux protégée, puisqu’elle est carrelée du sol au plafond.

Voici la phrase qui change tout, et elle vient de l’Agence Qualité Construction : « Le revêtement carrelage, c’est-à-dire le carreau, la colle et le joint, ne peut s’opposer au passage de l’eau vers le support. » Autrement dit, le carrelage habille le mur. En revanche, il ne l’étanche pas.

L’Institut Maison Saine consacre donc cet article à ce qui se joue derrière la faïence. Vous y trouverez le trajet réel de l’eau, l’explication du paradoxe qui fait sortir le dégât dans la pièce voisine, et la raison chiffrée pour laquelle l’extraction s’arrête presque toujours trop tôt.

L’essentiel

  • Le carrelage ne constitue en effet pas une étanchéité. L’AQC est formelle : le revêtement « ne peut en aucun cas assurer seul l’étanchéité du support ».
  • La véritable protection se trouve dessous, à savoir un système appliqué avant la pose. On la nomme SPEC en paroi verticale.
  • L’eau passe par les angles, par les joints et par les traversées de canalisations. Ce sont donc des points singuliers, pas des surfaces.
  • Le désordre apparaît par ailleurs souvent dans la pièce d’à côté. En effet, la face carrelée ne permet aucune évaporation, alors que la face opposée le permet.
  • Après une douche, l’air d’une salle de bain de 15 m³ ne peut absorber qu’environ 145 grammes d’eau supplémentaires. Le reste se dépose sur les parois et s’y accumule.
  • Au débit réglementaire de 15 m³/h, renouveler l’air de cette pièce demande une heure entière. Une minuterie de cinq minutes ne suffit donc jamais.

 

Le carrelage n’est pas l’étanchéité

Ce que dit l’Agence Qualité Construction

Commençons d’abord par la source, car cette affirmation surprend souvent. L’AQC consacre deux fiches pathologie au sujet, l’une aux coins de douche et l’autre aux douches à l’italienne.

La première fiche énonce ainsi que « le revêtement, carreau plus produit de collage plus joint, ne peut en aucun cas assurer seul l’étanchéité du support ». La seconde ajoute que « l’étanchéité préalable du support est donc indispensable en l’absence de receveur ».

Retenez donc la logique. Le carreau lui-même est certes imperméable, mais l’assemblage ne l’est pas. Or c’est l’assemblage qui compte.

Où se trouve la vraie protection

Elle se situe en effet sous le carrelage, appliquée sur le support avant la pose. Il s’agit notamment d’un produit liquide ou d’une natte, mis en œuvre en continu, avec un traitement particulier des angles et des traversées.

Or cette couche devient invisible une fois le chantier terminé. Personne ne la voit donc, ni à la livraison, ni à la vente, ni pendant une visite. C’est précisément ce qui rend son absence si fréquente et si difficile à détecter.

 

SPEC, SEL et SEPI : trois sigles à ne pas confondre

Ces trois familles reviennent dans tous les devis, et pourtant elles ne recouvrent pas la même chose.

Sigle

Ce que c’est

Ce qu’il assure

SPEC

Système de Protection à l’Eau sous Carrelage

Protège les supports verticaux, sans garantir l’étanchéité

SEL

Système d’Étanchéité Liquide

Forme une membrane par séchage, et assure l’étanchéité horizontale

SEPI

Système d’Étanchéité de Planchers Intermédiaires

Natte manufacturée, assure également l’étanchéité horizontale

La nuance de la première ligne est la plus importante, et la plus souvent mal comprise. En effet, un SPEC protège un mur. En revanche, il ne remplace pas une étanchéité de sol dans une douche de plain-pied.

Le classement du local commande le reste

Par ailleurs, les locaux se classent selon leur exposition à l’eau, dans une échelle définie par le cahier CSTB n° 3567. Ainsi, une salle de bain privative avec douche relève d’une classe exigeante, souvent notée EB+.

Ce classement détermine ensuite trois choses. D’abord le support admissible, ensuite le système de protection requis, enfin les hauteurs de traitement. L’AQC rappelle d’ailleurs qu’il faut proscrire « les plaques de plâtre non hydrofugées » dans ces locaux.

 

Par où l’eau passe réellement

Les angles, d’abord

En effet, l’AQC situe les désordres « au niveau des angles de raccordement entre parois, entre paroi et sol, ou au niveau du siphon d’évacuation encastré ». Les angles concentrent en effet les contraintes.

Deux raisons se cumulent d’ailleurs. D’une part, ce sont des zones de mouvement, où les matériaux travaillent différemment de part et d’autre. D’autre part, ce sont des zones de raccordement, donc de continuité difficile à assurer.

Les joints de carrelage sont poreux

En effet, un joint ciment n’est pas une barrière. Il absorbe l’eau, puis il la restitue, et il se creuse avec les années sous l’effet du nettoyage.

Un joint creusé ou fissuré n’est donc pas seulement inesthétique. Il augmente la surface de contact entre l’eau et le support, ainsi que le temps pendant lequel ce contact dure.

Le silicone qui fatigue

Ensuite, le joint souple des angles et du pourtour de receveur a une durée de vie limitée. Il se décolle, il se rétracte, puis il noircit sous l’effet du développement fongique.

L’AQC prescrit d’ailleurs un « joint de finition en mastic élastomère extrudé » en périphérie du bac, et elle insiste sur le principe du double joint. Le plombier pose le premier, puis le carreleur pose le second.

Notez enfin qu’un silicone noirci ne se nettoie pas indéfiniment. Le développement est en effet installé dans la masse du mastic, et non à sa surface.

Les traversées de canalisations

Voici le point le plus discret, et l’AQC le signale explicitement : « le traitement d’étanchéité des traversées de parois par les canalisations est souvent omis ».

En effet, chaque percement pour un mitigeur, une arrivée d’eau ou une évacuation constitue une ouverture dans la protection. Sans traitement spécifique, ces percements deviennent donc des chemins d’eau directs vers le cœur de la cloison.

Le receveur qui bouge

Enfin, un bac à douche mal calé se tasse ou glisse sur ses appuis. L’AQC attribue ce phénomène à « des calages de qualité médiocre ».

Or le mouvement, même millimétrique, ouvre le joint périphérique. Ainsi, l’eau s’infiltre à la jonction exacte entre le bac et la faïence, c’est-à-dire à l’endroit le plus exposé de toute la pièce.

Le tableau des points de passage

Point singulier

Ce qui le fragilise

Ce que vous pouvez observer

Angle entre deux parois

Mouvements différentiels, continuité difficile

Silicone décollé, fissure fine dans le joint

Jonction paroi et receveur

Tassement du bac, calage médiocre

Joint ouvert, eau qui stagne dans l’angle

Joints de carrelage

Porosité du ciment, usure au nettoyage

Joint creusé, teinte plus foncée par endroits

Traversées de canalisations

Étanchéité souvent omise au percement

Auréole autour du mitigeur, carreau descellé

Siphon encastré

Raccordement à l’étanchéité difficile

Affaissement du sol, carrelage qui bouge

Sol de douche de plain-pied

Étanchéité limitée à l’emprise, pente insuffisante

Eau qui reste au sol après la douche

 

Pourquoi le désordre apparaît dans la pièce voisine

La règle de la surface d’évaporation

Voici enfin le paradoxe qui déroute presque tout le monde. Une salle de bain prend l’eau, et pourtant la tache se déclare dans la chambre attenante.

L’explication tient pourtant en une phrase. L’eau qui entre dans une cloison doit ressortir quelque part, et elle ressort là où elle peut s’évaporer.

Or la face côté douche est couverte de carrelage, donc imperméable. Cette face n’offre aucune surface d’évaporation. En revanche, la face opposée est peinte ou tapissée, donc perméable à la vapeur d’eau.

Par conséquent, l’humidité traverse la cloison et sort du côté qui respire. C’est exactement le mécanisme que l’AQC décrit pour les revêtements imperméables sur les murs anciens, lorsqu’ils forcent l’humidité à chercher une autre sortie.

Ce que voit l’occupant

Du côté de la salle de bain, en effet, tout paraît normal. Le carrelage reste propre, les joints tiennent, et surtout rien ne signale un problème.

Du côté de la chambre, en revanche, les signes s’accumulent au bas de la cloison. L’AQC le formule ainsi : « des infiltrations peuvent être suspectées lors de l’apparition d’une humidité anormale à la base des cloisons contiguës à une douche ».

Concrètement, vous observez une peinture qui cloque, un papier peint qui se décolle, une plinthe qui gondole, ou une tache sombre qui revient toujours au même endroit.

Le décalage dans le temps

Ce mécanisme est en outre lent, et c’est ce qui le rend redoutable. En effet, l’eau met des semaines à traverser une cloison, puis des mois à saturer les matériaux.

Ainsi, entre le début de la fuite et le premier signe visible, il s’écoule souvent une à deux années. Nul ne fait donc le lien avec la douche, et l’on cherche la cause du mauvais côté du mur.

Notre article sur les signes d’humidité aide à repérer ces marqueurs, et notre test d’auto-diagnostic donne une première orientation en quelques minutes. Retenez aussi que le problème ne reste jamais confiné, comme l’explique notre article sur le fait que les murs humides sont contagieux.

 

Le bilan d’eau d’une douche

Ce que l’air peut réellement absorber

Passons maintenant au calcul, car il éclaire tout le reste. Prenons une salle de bain de 6 m² sous 2,50 m de hauteur, soit 15 mètres cubes d’air, à 22 °C.

Avant la douche, à 50 % d’humidité relative, cet air contient déjà environ 145 grammes d’eau. À saturation, c’est-à-dire à 100 %, il en contiendrait 290 grammes.

L’écart donne donc la marge disponible. L’air de la pièce ne peut absorber qu’environ 145 grammes d’eau supplémentaires avant d’être saturé, soit à peine un verre et demi.

État de l’air à 22 °C

Eau contenue dans 15 m³

Avant la douche, à 50 % d’humidité

environ 145 g

À saturation, à 100 % d’humidité

environ 290 g

Marge d’absorption disponible

environ 145 g

Où va tout le reste

Or une douche libère bien davantage que ce volume. Le surplus ne disparaît donc pas : il change simplement d’état et de lieu.

D’abord, il condense sur le miroir, ce que vous voyez. Ensuite, il condense sur le carrelage, sur la vitre de douche et sur les surfaces froides. Surtout, il s’absorbe dans les matériaux poreux, à savoir les joints, les serviettes, le plafond et l’enduit.

Voilà donc pourquoi la pièce reste humide bien après votre sortie. L’eau n’est plus dans l’air, elle est dans les parois, et elle repart en vapeur pendant l’heure qui suit.

 

L’erreur de l’extraction arrêtée trop tôt

Ce que prévoit la réglementation

En pratique, l’arrêté du 24 mars 1982 fixe les débits extraits minimaux en aération générale et permanente. Pour une salle de bains, il retient 15 m³/h dans un logement d’une ou deux pièces principales, et 30 m³/h à partir de trois pièces principales.

Toutefois, ces valeurs sont des minimums réglementaires, pas des optimums de confort. Elles dimensionnent en effet une extraction continue, et non l’évacuation d’un pic de vapeur.

Le temps réel de renouvellement

Reprenons donc notre pièce de 15 mètres cubes, puis divisons son volume par le débit.

Débit d’extraction

Renouvellements par heure

Temps pour renouveler tout l’air

15 m³/h

1,0

60 minutes

30 m³/h

2,0

30 minutes

60 m³/h

4,0

15 minutes

90 m³/h

6,0

10 minutes

Lisez maintenant la première ligne. Au débit réglementaire minimal, renouveler l’air de la salle de bain demande une heure entière. Une minuterie réglée sur cinq minutes n’évacue donc qu’un douzième du volume.

Surtout, ce calcul ne porte que sur l’air. L’eau stockée dans les parois, elle, met bien plus longtemps à repartir.

Combien de temps laisser tourner

En pratique, la règle utile ne se lit pas sur une minuterie, mais sur le miroir. Laissez l’extraction fonctionner jusqu’à ce que le miroir soit entièrement redevenu net, puis encore une dizaine de minutes.

En pratique, comptez donc entre vingt et quarante minutes après la fin de la douche, selon le débit et selon la saison. Une extraction hygroréglable fait ce travail automatiquement, puisqu’elle module son débit sur l’humidité mesurée.

Vérifiez enfin que l’extraction fonctionne réellement. Nos guides sur les bonnes pratiques de ventilation et sur l’entretien de la VMC détaillent les points de contrôle, tout comme notre article sur l’entretien des appareils.

La porte, fermée puis ouverte

Ce détail change d’ailleurs beaucoup, et il ne coûte rien. Gardez la porte fermée pendant la douche et pendant toute la durée d’extraction qui suit.

La raison en est simple. Une porte ouverte disperse la vapeur dans le couloir, dans les chambres et vers les parois froides du logement. L’extraction ne capte alors qu’une fraction de ce qu’elle devrait évacuer.

Ouvrez donc la porte seulement lorsque le miroir est redevenu net. À ce moment, la pièce a retrouvé une humidité proche de celle du reste du logement.

Les bons gestes, dans l’ordre

Moment

Le geste

Pourquoi

Avant la douche

Vérifier que la bouche d’extraction n’est pas encrassée

Un encrassement divise le débit réel

Pendant la douche

Fermer la porte

Confiner la vapeur là où l’extraction la capte

En sortant

Passer une raclette sur les parois et la vitre

Retirer l’eau liquide avant qu’elle ne s’évapore

Juste après

Étendre la serviette hors de la pièce

Une serviette humide relargue son eau pendant des heures

Pendant 20 à 40 min

Laisser l’extraction tourner, porte fermée

Évacuer l’eau stockée dans les parois

Une fois le miroir net

Ouvrir la porte, et aérer si possible

L’humidité est redescendue au niveau du logement

Un mot enfin sur la raclette, car ce geste reste sous-estimé. Il retire mécaniquement une part importante de l’eau liquide, donc il évite qu’elle ne repasse en vapeur dans la pièce.

 

Les signes à surveiller, sans rien démonter

Le test du carreau qui sonne creux

Ce test est gratuit, il prend deux minutes, et surtout il ne demande aucun outil. Tapotez donc la faïence avec l’ongle, en parcourant méthodiquement la zone de douche.

En effet, un carreau correctement collé rend un son plein et mat. Un carreau décollé rend au contraire un son creux, plus aigu et résonant.

Ainsi, une zone qui sonne creux signale une perte d’adhérence, souvent liée à un support qui a pris l’eau. Explorez donc en priorité le bas des parois, les angles et le pourtour du receveur.

Les six autres signes

  • Le joint silicone noirci qui revient malgré les nettoyages répétés
  • Un joint de carrelage creusé, plus foncé ou friable sur une portion
  • Des carreaux descellés autour du mitigeur ou de la robinetterie
  • De l’eau qui stagne au sol après la douche, signe d’une pente insuffisante
  • Une odeur de moisi persistante dans la pièce, sans tache visible
  • La tache au bas de la cloison dans la pièce voisine, du côté opposé à la douche

Le dernier point mérite d’ailleurs une insistance particulière. C’est en effet le signe le plus fiable, et le plus souvent attribué à une autre cause.

Entretien ou travaux : la ligne de partage

Tous ces signes n’appellent pourtant pas la même réponse, et il faut savoir les trier.

Relèvent de l’entretien : un silicone à remplacer, un joint ciment à reprendre ponctuellement, une bouche d’extraction à nettoyer. En effet, ces interventions restent accessibles et peu coûteuses.

Relèvent des travaux : un carreau qui sonne creux sur une zone étendue, un affaissement autour du siphon, une tache active dans la pièce voisine. Ces désordres supposent au contraire que le support a déjà pris l’eau.

Le nettoyage des moisissures intervient toujours en dernier, une fois la cause traitée. Notez par ailleurs que les colonies invisibles restent fréquentes, comme le montrent les travaux sur les moisissures invisibles et sur le microbiome du bâtiment.

 

Ce qui ne marche pas

Refaire les joints sur un support qui prend déjà l’eau

Voici l’erreur la plus fréquente, et elle paraît pourtant logique. Certes, reprendre les joints améliore l’aspect, et cela ralentit un peu le passage de l’eau.

En revanche, si le support est déjà humide et si la protection sous carrelage est absente, le désordre continue. Vous aurez donc gagné quelques mois, sans plus.

Peindre le mur de la pièce voisine

Ensuite, voici le geste qui aggrave activement la situation. En effet, repeindre la face qui cloque revient à fermer la seule surface d’évaporation encore disponible.

Or l’eau ne disparaît pas pour autant. Elle reste dans la cloison, elle monte plus haut, et elle ressort ailleurs. C’est le même mécanisme qu’un enduit imperméable posé sur un mur ancien, décrit dans notre article sur une isolation mal conçue.

Poser du silicone par-dessus l’ancien

Par ailleurs, un mastic appliqué sur un joint existant n’adhère pas correctement. Il piège de plus l’humidité et le développement fongique entre les deux couches.

La bonne méthode consiste donc à retirer entièrement l’ancien joint, à nettoyer, à laisser sécher, puis à poser un cordon neuf sur un support sain et sec.

Nettoyer indéfiniment un joint noirci

Enfin, une moisissure installée dans la masse d’un mastic ne se retire pas par un nettoyage de surface. Elle réapparaît donc systématiquement, dans un délai qui se raccourcit à chaque fois.

Ce retour rapide constitue en soi une information. Il indique que le joint a atteint sa fin de vie, ou que le support reste humide en permanence.

 

Questions fréquentes

Le carrelage est-il étanche ?

Non, et il s’agit de la confusion la plus répandue sur ce sujet. Le carreau lui-même est certes imperméable, mais l’assemblage ne l’est pas. L’Agence Qualité Construction l’écrit d’ailleurs noir sur blanc : le revêtement, c’est-à-dire le carreau, le produit de collage et le joint, « ne peut en aucun cas assurer seul l’étanchéité du support ». La véritable protection se situe sous le carrelage, appliquée avant la pose, et elle reste invisible ensuite.

Pourquoi le mur de la chambre est-il humide à côté de la salle de bain ?

Parce que l’eau qui entre dans une cloison ressort là où elle peut s’évaporer. En effet, la face côté douche est carrelée, donc imperméable, et elle n’offre aucune surface d’évaporation. La face opposée, peinte ou tapissée, laisse au contraire passer la vapeur. L’humidité traverse donc la cloison et se manifeste du côté qui respire, généralement au bas du mur, un à deux ans après le début de la fuite.

Combien de temps faut-il laisser la VMC après la douche ?

Laissez-la tourner jusqu’à ce que le miroir soit entièrement redevenu net, puis encore une dizaine de minutes. En pratique, comptez vingt à quarante minutes. Le calcul le justifie : au débit réglementaire de 15 m³/h, renouveler l’air d’une salle de bain de 15 m³ demande une heure entière. Une minuterie de cinq minutes n’évacue donc qu’un douzième du volume, et elle ne touche pas l’eau stockée dans les parois.

Faut-il laisser la porte de la salle de bain ouverte ou fermée ?

Fermée pendant la douche, puis fermée pendant toute la durée d’extraction qui suit. Une porte ouverte disperse la vapeur dans le couloir et les chambres, où elle condense sur les parois froides. L’extraction ne capte alors qu’une fraction de ce qu’elle devrait évacuer. Ouvrez la porte une fois le miroir redevenu net, c’est-à-dire quand la pièce a rejoint l’humidité du reste du logement.

Que signifie un carreau qui sonne creux ?

En pratique, il signale une perte d’adhérence entre le carreau et son support. Tapotez la faïence avec l’ongle : un carreau bien collé rend un son plein et mat, alors qu’un carreau décollé rend un son creux et résonant. Une zone étendue qui sonne creux, surtout en bas de paroi ou près du receveur, suggère que le support a pris l’eau. Ce test est gratuit et il prend deux minutes.

Un joint de douche noirci est-il dangereux ?

En effet, le noircissement correspond à un développement fongique installé dans la masse du mastic. Il n’est pas dangereux en soi à ce stade, mais il signale une humidité persistante. Or cette humidité entretient des moisissures dans toute la pièce, et celles-ci présentent un risque respiratoire documenté, comme l’expliquent nos articles sur le lien entre moisissures et asthme et sur l’humidité et les enfants asthmatiques.

Refaire les joints suffit-il à régler le problème ?

Cela dépend en réalité de l’état du support. Si les joints sont simplement usés et que la cloison est saine, une reprise soignée règle la question. En revanche, si le support a déjà pris l’eau, ou si aucune protection n’a été posée sous le carrelage, la reprise ne fera que retarder le désordre de quelques mois. Le carreau qui sonne creux et la tache dans la pièce voisine sont les deux signes qui font basculer du côté des travaux.

Quel support faut-il derrière le carrelage d’une douche ?

Il faut un support adapté à l’exposition à l’eau du local, complété par un système de protection appliqué avant la pose. L’Agence Qualité Construction est explicite sur ce qu’il faut écarter : elle proscrit « les plaques de plâtre non hydrofugées » dans ces locaux. Le classement du local, défini par le cahier CSTB n° 3567, détermine ensuite le support admissible, le système requis et les hauteurs de traitement.

Une douche à l’italienne pose-t-elle plus de problèmes ?

Elle demande surtout davantage de rigueur, car elle supprime le receveur qui assurait l’étanchéité du sol. L’AQC relève l’absence ou l’inadaptation du procédé d’étanchéité au sol, des relevés périphériques mal raccordés, une étanchéité limitée à l’emprise de la douche, ou encore une pente insuffisante vers le siphon. Elle recommande une hauteur de relevé d’au moins 0,10 m au-dessus du revêtement fini. Bien conçue, une douche de plain-pied ne pose pas plus de difficultés qu’une autre.

La pièce la plus sollicitée du logement

Au fond, une salle de bain concentre chaque jour ce qu’un mur extérieur reçoit en un mois de pluie. Elle le fait pourtant sans que rien ne se voie, derrière un revêtement qui donne toutes les apparences de l’étanchéité.

Deux idées suffisent pourtant à changer le regard. D’abord, le carrelage habille le mur sans l’étancher. Ensuite, l’eau qui entre dans une cloison ressort du côté qui respire, donc rarement là où on la cherche.

Enfin, le reste tient à un réflexe quotidien qui ne coûte rien : laisser l’extraction tourner porte fermée jusqu’à ce que le miroir soit net. Notre article sur humidité et facture de chauffage rappelle d’ailleurs qu’un logement plus sec se chauffe mieux, et la ventilation d’un logement rénové mérite une vérification spécifique après travaux. Si vous êtes locataire, notre article sur les obligations du bailleur face à un logement humide détaille les démarches possibles.

C’est la raison d’être de l’Institut de la Maison Saine : rendre visibles les risques liés à l’humidité et diffuser des solutions concrètes, pour que chacun puisse respirer dans un bâtiment sain. Derrière le carrelage, il y a un mur. Et ce mur, lui, n’est pas étanche.

Sources